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LE POLE-333 cours du 3ème Millénaire 69800 Saint Priest

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Où en est-on de la prévention des risques psychosociaux – RPS ?

Cette semaine, j’ai assisté au salon Preventica à Lyon. De nombreux exposants, des ateliers variés et des conférences très intéressantes, notamment sur les thématiques de la santé et de la qualité de vie au travail.

Le bilan que je me fais après ces trois jours est un peu mitigé. De nombreux cas relevés de personnels en souffrance, un cadre réglementaire qui oblige l’employeur à mettre en place des actions de prévention sur plusieurs niveaux d’intervention, des professionnels qui proposent leur expertise, … bref tout ce qu’il faut pour agir, mais au final, de nombreuses structures publiques et privées qui n’ont encore rien engagé, ou qui se sentent impuissantes, pour mettre en place et suivre des actions utiles et pertinentes pour améliorer la qualité de vie au travail de leurs collaborateurs.

Parmi les raisons citées, certains ont évoqué une problématique de budget, alors que le cout lié aux absences pour burn out ou dépression est bien plus élevé que la mise en place d’actions de prévention, d’autres, de turn over important ne permettant pas de suivre les actions à longs termes. Comment arriver à sensibiliser les chefs d’entreprises et les manageurs pour ancrer cette démarche de prévention de façon automatique et évidente ? En effet, la majorité des actions mises en place sont des actions curatives dites « tertiaires ». Il faut attendre qu’il y ait un cas de burn out ou de suicide pour qu’il y ait une réaction. Que fait-on de la prévention de premier niveau, dite « primaire »? C’est sur cet axe, qu’il est nécessaire de travailler.

Concernant la méthode, le constat semble confirmer que les RH ou les managers ne peuvent pas réaliser les diagnostics ou animer les groupes de parole dans la mesure, où ils font partie du système. En effet, ils ont un rôle dans la structure et peuvent parfois malgré eux contribuer au risque ou à la « désorganisation ». De plus, ils se retrouvent dans une posture qui peut les amener à avoir peur des conséquences pour leur avenir dans la société, selon les mesures qu’ils préconiseront de mettre en place, et sur la confidentialité des propos qu'ils auront recueillis. L’ensemble des intervenants a conseillé de faire intervenir un coach ou un cabinet spécialisé afin de réaliser le diagnostic, le recueil des propositions et le suivi de la mise en place des actions de prévention ou des actions curatives si cela est nécessaire.

Concernant les visiteurs du salon, il y avait des représentants de grands groupes, des indépendants, des professionnels des RPS (médecins, cabinet, …) et également de nombreuses collectivités municipales et départementales, notamment. Le secteur privé et le secteur public étaient largement représentés et étaient tous deux très friands d’information sur la méthode de mise en place et le type d’actions qui avait pu avoir des résultats probants. Les besoins sont donc dans tous les secteurs, qu’il y ait ou non une sécurité de l’emploi et quelques soient les niveaux de responsabilités. Les risques peuvent être dus par exemple, à une organisation défaillante, à une surcharge d’activité ou à l’inverse à l’ennui au travail, mais il est rare qu’il n’y ait qu’une origine, c’est la plupart du temps, un résultat de plusieurs situations inconfortables, stressantes ou traumatisantes pour la personne qui se retrouve en situation de souffrance.

En conclusion, je dirai que le chantier est encore vaste et j’ai relevé dans les interventions et les questions posées, qu’au-delà des actions curatives, il y avait un réel besoin d’action de premier niveau afin de donner des outils simples et pratiques, que chacun pourrait utiliser au quotidien pour gérer son stress ou les conflits. Une vraie nécessité également, de redonner du sens, de la cohérence et de la cohésion afin de faire du travail, une source d’épanouissement et non de mal-être. Je me pose également la question de la prise en charge du dirigeant ou du chef de service, qui doit mettre en place des actions pour ses collaborateurs mais au final, il fait partie du système et il doit également être accompagné et rassuré dans les directions qu’il choisit de suivre.

Nathalie LENZEELE, Coach Certifiée et Formatrice.